La fidélité en entreprise, ça existe toujours et ça compte

L’ancien schéma où l’on rentre dans une entreprise pour y rester toute sa vie est rendu caduc par un nouveau modèle : celui de la mobilité. On dit souvent qu’il faut changer de job pour réussir. Car pour atteindre son ambition professionnelle c’est indispensable d’avoir plusieurs expériences. Que changer d’emploi c’est le seul moyen pour revaloriser son salaire. Que pour progresser il faut savoir se renouveler et donc changer d’employeur. Je pense que cette règle, qui devient quasi-systématique dans tous les discours que nous pouvons entendre, de la part des écoles, des professionnels ou autres consultants RH, est largement discutable.

Une tendance au job zapping

39% des cadres envisagent de changer d’entreprise dans les 3 ans selon l’infographie sur la mobilité de l’APEC. Cette statistique s’envole à 62% pour les moins de 30 ans. Le CDI n’est plus le graal que les jeunes cherchent à décrocher coûte que coûte. Et contre toute attente, la raison première ne concerne même pas les salaires mais la volonté de découvrir de nouvelles choses, de nouveaux horizons.

Je célèbre ce mois-ci mes 6 ans d’activité professionnelle, au sein de mon entreprise. J’entends par là que je suis dans la même entreprise depuis maintenant plus de 72 mois. Non seulement, j’y suis depuis 6 ans et, en plus, il s’agit de mon premier employeur. Mais pourquoi diable n’ai-je pas encore franchi la porte de sortie de mon entreprise pour faire valoir mes compétences ailleurs ?

C’est vrai que quand j’y suis entré en 2012, je m’étais préparer à y rester pour une, deux, voire trois années. Car cette première expérience me semblait appropriée pour me mettre le pied à l’étrier. Mais bon, je voulais faire fructifier mes talents dans une société et un univers qui m’attirait plus. Je me suis quand même lancé à fond dans cette mission, bien que ce poste ne correspondait pas tout à faire à mes attentes et à mes envies. Et très vite mon engagement envers mon employeur a été réciproque, si bien que j’ai vite évolué vers une fonction qui me correspondait plus et me ressemblait davantage. J’ai découvert un univers pour lequel j’ai pris goût jusqu’à vouloir poursuivre dedans durablement. Mes responsabilités et mon autonomie se sont accrues. J’ai pu construire une équipe et un service pour lesquels nous pouvons aller encore plus loin ensemble. Mon salaire a même progressé significativement. Bref, j’ai trouvé une véritable satisfaction dans mon travail, doublée d’un bien-être dans mon quotidien. Alors, me disant qu’il me reste encore tant de chose à faire dans cette boîte, j’ai finalement mis mes ambitions de départ dans les cartons.

La fidélité ne signifie pas soumission

Bien entendu, cette expérience qui semble idyllique est pavée à certains moments de doutes, d’incertitudes, et de mécontentements. Comme dans toutes relations, qu’elles soient amicales ou amoureuses, il y a des turbulences et la communication doit prévaloir sur le ressentiment. Mais c’est aussi dans ces moments-là que l’on forge notre engagement réciproque de demain. Engagement… Ce mot est probablement la clé de voûte dans la relation salarié-entreprise. Car il émule positivement si cet engagement est en action de part et autre. Mais il amène à la rupture s’il fait défaut dans l’une des parties. Tout comme le parcours utilisateur devient la variable incontournable en marketing, l’expérience salarié devient, elle aussi, centrale dans la stratégie RH des entreprises.


Le sens de mon propos n’est pas de dire qu’il faut à tout prix rester dans son entreprise. Car les souhaits diffèrent d’un individu à l’autre et toute entreprise n’est pas bonne à rester non plus. Autonomie, management, exécution, gestion, salaire, reconnaissance, ambiance, richesse des missions, responsabilité, sont autant de paramètres qui pèsent dans sa satisfaction au travail. Et tous ne se retrouvent pas au même degré d’importance selon les personnes.

Suis-je heureux dans mon travail ?

Mais plutôt que de programmer son plan de carrière et d’anticiper ses mouvements futurs en les gravant dans le marbre, il est déjà opportun d’explorer les pistes de son entreprise et de voir comment on se sent en son sein. La seule question qui vaut est celle du bien-être au travail. Tant qu’une entreprise offre ce pourquoi je suis motivé et investi, pourquoi changer ? Il vrai que l’espoir d’espérer trouver mieux ailleurs se fait toujours sentir. Mais il faut bien l’évaluer, au risque parfois de sérieusement déchanter et de perdre au change. Bref, dans un monde où l’immédiateté gagne du terrain, il préférable de conserver dans certains cas tempérance et recul.

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