La journal d’entreprise papier est-il voué à disparaître ?

On le dit en voie de disparition, voire même d’extinction. Le journal d’entreprise, sous son format papier, après avoir rendu de nombreux et fiers services peut passer le témoin aux canaux digitaux et mourir en paix. C’est vrai, les intranets collaboratifs, les systèmes d’informations, les réseaux sociaux internes sont autant d’outils formidables permettant de transmettre l’information. Ils offrent en plus l’avantage d’aller plus loin dans la capitalisation du savoir et de tendre vers le collaboratif entre salariés. Alors pourquoi le service communication doit-il encore s’embarrasser à maintenir le journal papier interne ? Éléments de réponse…

Comme pour la crise de la presse papier, la communication d’entreprise papier fait face à de sérieuses difficultés d’usage. La portabilité de son environnement de travail et l’accès aux informations digitales en flux continue en sont les principales raisons. Qu’il est aisé aujourd’hui que d’emmener avec soi ses e-mails, son carnet de contacts, d’accéder à ses documents… Je peux accéder à toutes la vie de ma société quasiment minute par minute via l’intranet, l’extranet, ou tout simplement par mes e-mails. Et tout cela est en plus concentré sur un seul et unique support : le smartphone (ou bien l’ordinateur portable).

Mais comme pour les sites d’actualités en continue, gare à l’overdose. Car même si la sous-information peut faire des ravages, la sur-information peut en faire tout autant. C’est pourquoi faire appel au format papier peut permettre de tempérer certaines ardeurs. En effet, un des bénéfices majeur d’un support papier réside dans une rigueur de sélection de l’information permettant d’aller droit au but. La tentation de faire figurer les moindre faits et gestes de l’entreprise est limitée par des gabarits de page inextensibles qui obligent à une véritable hiérarchisation de l’information.

Le papier pour mieux mémoriser ?

Une récente étude, menée par la britannique Kate Garland (1), chasse l’idée reçue qu’un contenu papier se mémoriserait mieux qu’un contenu numérique. Les deux disposent d’un pouvoir de mémorisation quasiment identique. Le support n’influe donc pas directement sur la mémorisation. Cependant, la philosophie d’écriture pour un contenu destiné à un support papier peut différer du digital. Le caractère indélébile du papier, a contrario du numérique, incite à un soin attentif à l’écriture, à la synthèse du propos et à la relecture pour éviter toute erreur de fond, de grammaire ou d’orthographe. Ces facteurs indirects influent sur la facilité de compréhension et de fait sur la mémorisation.

D’un point de vue affinité, le lecteur continue d’entretenir un lien privilégié avec le papier. L’association Two Sides (2) a mené une enquête en 2017 auprès de plus de 10 000 personnes (dont 1092 en France) qui rend des conclusions formelles : 65% d’entre eux ont le sentiment d’avoir une meilleure compréhension d’un contenu lorsque celui-ci est sur papier. Selon les supports, les enquêtés ont un degré de préférence plus ou moins élevé mais toujours en faveur du papier, excepté pour les factures. Un argument de plus pour maintenir votre bon journal d’entreprise.

Le papier pour toucher toute l’entreprise

Même si l’accès aux ordinateurs et à internet est maintenant largement répandu dans l’environnement professionnel, il reste néanmoins certaines populations internes à l’entreprises qui n’ont, soit pas accès facilement, soit pas du tout accès à ces outils. Les personnels nomades, sans bureau fixe, les ouvriers d’usine ou les personnels de chantier par exemple, n’ont que peu accès au TIC professionnels. Leur fournir une information papier peut s’avérer un bon moyen de transmission d’un message. Au même titre que les collaborateurs équipés d’outils informatiques, ils font partie de l’entreprise, il est donc primordial qu’il puisse avoir des informations et ceci pour deux raisons. D’une part, pour informer (évidemment) et d’autre part, pour cultiver le sentiment d’appartenance à sa société. Ce dernier n’est pas à négliger car il contribue à entretenir un lien physique d’appartenance à sa société, renforçant (s’il est bien conçu) la fédération interne.

Ce plaidoyer pour le papier n’a pas pour objectif de chasser le digital, loin de là. Il a pour vocation de redonner quelques lettres de noblesses à un support qui a ses avantages et ses inconvénients mais qui a le mérite de se compléter avec les canaux numériques. Cela reste une corde disponible à l’arc du communicant qui peut toucher au cœur de la cible si elle est bien maniée. Point final.

Source

(1) Apprend-on mieux sur un support papier ou sur un écran ? – Futura Tech

(2) Print and paper in a digital world – Two sides

 

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