Information, quelle information ?

Pendant longtemps, la presse constituait la principale source d’information de nos sociétés civiles. Aujourd’hui, le constat alarmant de la dégringolade déjà bien amorcée des journaux d’informations et d’actualités papier fait prendre au sérieux l’éventualité de leur disparition d’ici une dizaine d’année. En France, les premiers effets significatifs se font déjà ressentir avec la disparition de titres emblématiques des kiosques, comme France Soir ou La Tribune et, récemment, le quotidien gratuit Metronews qui a cessé sa distribution papier en juillet 2015. L’autre chiffre concerne le nombre de points de vente de presse qui chute continuellement : ainsi en 5 ans (entre juillet 2010 et juillet 2015) l’hexagone a perdu 4 266 points de vente sur un total de 25 963 en 2015 (1).

De l’information au commentaire

A l’heure où la tendance est clairement à la digitalisation de l’actualité, nous constatons qu’il n’a jamais été aussi simple de s’informer. A contrario, nous pouvons aussi observer qu’il n’a jamais été aussi compliqué de bien s’informer. Où se situe la nuance ? La multiplication des canaux de transmission de l’information a démocratisé la prise de parole de tout un chacun favorisant les articles dont la nature de l’information peut parfois être inexacte, impartiale et surtout non vérifiée. L’émergence du média social fait évoluer les lignes de l’information en donnant une place centrale au commentaire. Ainsi, on peut voir se côtoyer article et opinions sur les murs et flux d’informations des différents réseaux sociaux.

Une confiance qui s’effrite

Un autre phénomène important peut venir alimenter la crise de la presse et des média : celui de la défiance. Le baromètre 2016 TNS Sofres sur la confiance des français dans les média souligne que 70% de la population est intéressée par l’actualité. Cette même enquête met aussi en avant le fait que la confiance dans les média se détériore sur tous les supports. La télévision et Internet sont ceux qui enregistrent le plus de défiance. En effet, 46% des français estiment qu’il y a dans l’actualité « pas mal de différences entre la façon dont les choses se sont passées et la façon dont la télévision les raconte ». Ce score est de 44% (+6 points par rapport à 2015) pour Internet (2).

Le marché de la presse est en proie à une profonde mutation de son modèle économique. A titre d’exemple, l’industrie musicale a connu ce même processus il y a quelques années déjà. Ce parallèle, pouvant paraitre grossier à première vue, partage avec la presse une évolution commune vers la digitalisation de l’offre et l’ouverture des canaux de diffusion. Aujourd’hui, l’industrie du disque reste encore fragile mais reprend des couleurs grâce au renforcement des abonnements de musique en streaming et la très forte croissance de la vente de vinyles. Cet exemple laisse à penser qu’il est possible d’allier modernité et tradition. La presse cherche encore la formule pour, d’une part assurer sa survie et, d’autre part, se développer. Comme dans toute menace, on peut y voir aussi des sources d’opportunités importantes dans l’approche même de l’enrichissement d’une information et de son accès. Les années à venir vont être déterminantes pour observer les évolutions mises en place par chacun des acteurs. A suivre…

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